Pôle Nord : la banquise à son plus bas niveau pour une fin d'hiver
L'extension de la banquise arctique atteint un record bas pour une fin d'hiver. Cela s'explique notamment par des températures anormalement élevées près du pôle ces dernières semaines.
Record bas pour la banquise arctique
Alors que nous arrivons à la fin de l'hiver météorologique et que l'extension maximale de la banquise est généralement atteinte au début du mois de mars, nous savons déjà que 2025 s'apprête à battre un record bas. En cette fin février 2025, la superficie de l'Arctique recouverte par la glace est de 13,2 millions de kilomètres carrés, soit la valeur la plus basse jamais enregistrée à cette époque de l'année. La moyenne de la période 1981-2010 est d'environ 15,5 millions de km2, soit un déficit considérable de 2,3 millions de km2 !
Extension de la banquise en Arctique en 2025 (en rouge) par rapport à la moyenne 1981-2010 - zacklabe.com
Si la moyenne 1981-2010 peut paraître obsolète à l'ère où le réchauffement climatique s'accélère, le déficit est également marquant lorsque l'on se penche sur les 20 dernières années. Le chiffre de 13,2 millions de kilomètres carrés recouverts par la glace en date du 22 février 2025 est particulièrement bas. À la même date, c'est la première fois que l'étendue de la banquise arctique est inférieure à 13,5 millions de km2. Le record bas était jusqu'alors détenu par la fin février 2018.
Étendue de la banquise arctique en date du 22 février, de 2004 à 2025 - zacklabe.com
Un déficit lié à une "vague de chaleur" en Arctique
L'extension de la banquise à son plus bas niveau pour cette époque de l'année n'est pas sans lien avec la "vague de chaleur" record qui a été observée il y a quelques semaines. Début février 2025, la température maximale moyenne en Arctique dépassait les -10°C alors que la moyenne à cette période de l'année se situe vers les -30°C ! Cela représente une anomalie remarquable de +20°C ! Depuis, les températures sont souvent restées plus de 10°C au dessus des normales, faisant de ce mois de février un mois hors norme !
Température maximale moyenne en Arctique et écart à la normale (2025 en rouge) - zacklabe.com
Ce mois de février 2025 record s'inscrit dans une tendance de fond. En effet, le Pôle Nord est la zone terrestre qui se réchauffe le plus vite, particulièrement depuis une décennie. En Arctique, les 9 années les plus chaudes sont les 9 dernières. Certaines zones d'Arctique se réchauffent 4 fois plus vite que le reste de la planète ! En Sibérie, certains secteurs voient la température moyenne augmenter de 1,5°C chaque décennie, des chiffres astronomiques et qui laissent craindre un emballement...
Anomalie thermique annuelle en Arctique (normale 1951-1980) de 1950 à 2024 - zacklabe.com
Risque d'emballement climatique au Pôle Nord
Les températures de plus en plus élevées et la fonte des glaces polaires constituent une source d'inquiétude majeure. Le permafrost (sol constamment gelé) couvre environ 25% des terres de l'hémisphère nord, aux hautes latitudes. Or, on sait qu'il permafrost renferme des quantités très importantes de CO2 ou de méthane, puissants gaz à effet de serre. Selon des estimations, près de 1.500 milliards de tonnes de gaz à effet de serre se trouvent emprisonnés dans ces sols gelés. Avec la fonte des glaces, des quantités majeures de ces gaz risquent d'être libérées dans l'atmosphère. Cela pourrait engendrer un cercle vicieux et un possible emballement climatique.
Zones de permafrost dans l'hémisphère nord - infographie AFP